Mohamed Mjid
Fils de Safi, ne cessera de sillonner le Maroc, qu'il connaît comme sa poche et s'il y a quelqu'un qui souffre le plus, c'est bien son chauffeur qui n'a pas le droit de donner de rendez-vous ! Amusez-vous à lire l'agenda de Mjid, pour une journée, il équivaut à celui de plusieurs semaines de certains bureaucrates.
Chroniqueur, il a eu à collaborer à plusieurs publications, sur les traces de Léon Bloy et des polémistes, en optant pour le style incisif, le mot d'esprit, l'humour, le pastiche et l'anecdote.
A Khémisset et au moment où on lui offrait des trophées, dont deux sculptures, celle d'un cheval et une raquette, ¦uvre unique du sculpteur Sahbi, confectionnée à l'initiative de Saïd Bouhajeb, président de la Fédération de Rugby, il eut ce mot à l'attention d'El Aïn, son collaborateur : «Il faut une Honda pour déplacer tout ça».
On aura, un jour, à revenir sur Mohamed Mjid et certains de ses mots qui ont marqué l'histoire de l'humour politique au Maroc et qui constituent une référence en la matière, mais disons que cet homme s'est ri de tout, y compris de lui-même et n'est-ce pas là la source même de l'intelligence, comme le reconnaissent les Bergson, Freud ou Tayeb Saddiki à travers son Abou Hayane Tawhidi.
Chapeau au gouverneur de Khémisset de nous avoir permis de fêter Mjid, de son vivant et de lui rendre un hommage qui prouve qu'au Maroc, on ne veut plus que l'ingratitude l'emporte, pour nous priver de modèles d'hommes et de femmes, qui font ou qui ont fait le Maroc millénaire, qui remonte à loin, très loin dans le temps et où on se doit de déterrer un maximum de souvenirs d'hommes illustres.
Mohamed Mjid en fait partie !
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