Est-il encore permis d'espérer ? Le président Nicolas Sarkozy a affirmé
lundi à Roissy que "les perspectives de retrouver des survivants du vol
AFR 447" étaient "très faibles". Le président de la République,
qui a exprimé sa "très vive inquiétude" peu après l'annonce de la disparition de l'Airbus A330 d'Air France,s'est rendu dans l'après-midi au PC de crise mis en place à l'aéroport
parisien. "Nous sommes sans doute face à une catastrophe aérienne" a
également déclaré le directeur général d'Air France Pierre-Henri
Gourgeon. La compagnie a adressé ses "condoléances" aux familles des
passagers, mais sans jamais parler de morts. Malgré tout, il semble
désormais certain que le vol AF 447 n'atterrira plus.
Parti de l'aéroport international de Rio de Janeiro-Galeão dimanche à
00 h 03 (heure de Paris), l'Airbus A 330-200 devait se poser à 11 h 10
à Roissy-Charles de Gaulle. D'après Air France, les contacts radio
étaient normaux jusqu'à 3 h 33. À cette heure-là, "le vol AFR 447 a
établi son dernier contact radio avec le Centre du contrôle de la zone
Atlantique", a confirmé un rapport officiel des autorités aéronautiques
du Brésil, pour qui l'appareil était alors localisé à 565 km de la
ville côtière de Natal. "L'appareil volait normalement à une vitesse de
840 km/h et à une altitude de 35.000 pieds", soit un peu moins de
11.000 mètres, selon le rapport. L'appareil était alors sorti de la
zone de couverture des radars brésiliens et s'apprêtait à rentrer dans
l'espace aérien du Sénégal.
61 Français à bord
D'après
le dernier contact radio, l'appareil devait entrer dans l'espace aérien
du pays africain à 4 h 20. Ne voyant aucune confirmation arriver, le
centre de contrôle brésilien a averti son homologue sénégalais à Dakar.
Le dernier signe de vie de l'avion a été capté à 4 h 14 : le système
automatique de transmission de données Acars de l'appareil a envoyé un
message signalant une panne électrique à bord. L'armée de l'air
brésilienne a alors lancé des recherches au large de ses côtes. La
France, de son côté,
a dépêché trois avions pour tenter de localiser l'Airbus A330 et a demandé le concours des moyens satellitaires d'observation et d'écoute du Pentagone.
Mais aucune trace de l'appareil n'avait été repérée en début de soirée
et aucune de ses trois balises de détresse n'avait émis de signal, "ce
qui tendrait à prouver que la catastrophe a été très rapide", a indiqué
le Centre national d'études spatiales (Cnes). L'Airbus A 330-200,
immatriculé F-GZCP, construit en 2005, transporte
216 passagers (dont 61 Français) : 126 hommes, 82 femmes, 7 enfants et un bébé. Douze membres de l'équipage sont également à bord. Le commandant a
11.000 heures de vol - dont 1.700 heures sur Airbus - à son actif et
les deux copilotes 3.000 et 6.000. Selon Air France, l'avion totalise
18.870 heures de vol et sa dernière visite d'entretien en hangar date
du 16 avril 2009.
Air France a communiqué toutes les données techniques
concernant le vol 447 au Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) pour la
Sécurité de l'Aviation civile, organisme chargé pour la France des
enquêtes techniques sur les accidents ou incidents dans l'aviation
civile. "Le plus vraisemblable est qu'il a été foudroyé", a expliqué
François Brousse, directeur de la communication d'Air France. "L'avion
est entré dans une zone orageuse avec de fortes perturbations qui ont
provoqué des dysfonctionnements", a-t-il ajouté. "Il y avait
globalement sur la zone des perturbations tropicales puissantes. Ce
sont des appareils habilités à ce genre de circonstances, mais il doit
y avoir eu accumulation de circonstances", a auparavant déclaré à l'AFP
le ministre de l'Écologie et de l'Énergie Jean-Louis Borloo.
Des numéros d'urgence ont été ouverts :











0 800 800 812
depuis la France, 0800 881 20 20 depuis le Brésil, et











(+ 33) 1 57 02 10 55
depuis les autres pays.