bagdad - lindustrie irakienne a besoin de cinq à sept milliards de dollars pour être remise sur pied après des décennies de guerre et de sanctions, selon le ministre irakien de lindustrie, qui souhaite une privatisation quasi totale du secteur.
selon mes estimations, il faut 5 à 7 milliards de dollars dinvestissements pour moderniser le secteur industriel,
mais ce qui a été injecté à ce jour est inférieur à un milliard, a affirmé dans un entretien à lafp le ministre fawzi hariri.
lindustrie, qui fut dans le passé lune des plus performantes du monde arabe, a été annihilée par 30 ans de guerres et de sanctions et, aujourdhui, 97% des revenus de letat proviennent, selon lui, du pétrole.
après la guerre contre liran de 1980 à 1988, lirak a envahi le koweït en 1990 avant den être chassé en 1991 et puni par de lourdes sanctions internationales jusquen 2003, date à laquelle le pays a plongé dans la violence.
en 2003 (après linvasion américaine), environ 99% de lindustrie était à lagonie. les usines étaient détruites, pillées ou à larrêt. aujourdhui, 70% dentre elles produisent à nouveau mais pas à leur pleine capacité, indique m. hariri, lun des deux ministres chrétiens du gouvernement.
son administration contrôle 70 sociétés dans six secteurs: construction, chimie et pétrochimie, génie civil, agroalimentaire, pharmacie et textile. par ailleurs, 122 compagnies dépendent dautres ministères.
comme les besoins de reconstruction sont colossaux, la compétition entre ministères est intense pour obtenir des fonds.
la sécurité, la santé, léducation, le pétrole ont été considérés comme prioritaires. cest pour cela que nous travaillons avec des ressources limitées, ajoute ce ministre, qui appartient au parti démocratique du kurdistan (pdk, de massoud barzani).
comme le gouvernement dispose de peu de ressources et que nous avons besoin dargent pour réhabiliter (le secteur industriel), nous devons nous tourner vers le privé, explique ce ministre de 52 ans, qui a vécu 16 ans en grande-bretagne.
une dizaine de joint-ventures entre compagnies publiques et privées existent dores et déjà. linvestisseur prend en charge les équipements, investit et développe lusine et puis il y a un partage de la production pour une certaine période, dit-il.
je voudrais en avoir 50 mais la sécurité et linstabilité a empêché beaucoup dinvestisseurs potentiels daller de lavant. la sécurité a été lobstacle majeur mais cela va beaucoup mieux, assure-t-il.
autre problème: la privatisation. lirak serait heureux de privatiser 90 à 95% des entreprises, confie m. hariri en formulant le voeu que le nouveau parlement vote dici fin 2011 une loi autorisant la vente, actuellement interdite, de ces compagnies.
il est convaincu que la remise en état de marche des entreprises, y compris par des joint-ventures, permettra de les rendre plus attractives lors dune vente éventuelle.
il a également jugé quil ny avait pas de secteur prioritaire.
nous devons les développer tous et nous assurer quils ne chargent pas le budget de letat.
près de 25% du budget de son ministère, qui compte 200.000 employés, passe dans les salaires. nous devons faire des coupes pour que ce poste ne représente plus que 10% et pour cela il faut encourager le privé, souligne-t-il.
selon lui, à la fin de lannée, nous achèverons la première étape de notre plan qui était de relancer les installations.
objectif de la seconde (2011-2015): initier de nouveaux partenariats, stimuler linvestissements et, peut être, réussir à privatiser, dit-il.
dans la dernière phase (2015-2020), il faudra soutenir le développement du secteur privé pour que la part de lindustrie non pétrolière représente 5 à 10% de léconomie.