Le retour aux bancs est toujours vécu comme un grand événement par l'enfant et ses parents
Publié le : 04.09.2008 | 16h55
De nombreux enfants ont déjà repris le chemin de l'école lundi dernier, d'autres s'apprêtent à le faire très bientôt. Parmi eux, il y aura certainement des chérubins qui auront leur tout premier contact avec cet univers inconnu qu'est l'école.
Cette dernière fera partie intégrante de leur quotidien et ils y passeront beaucoup de temps. Cependant, la rentrée scolaire est toujours vécue comme un grand événement pour les écoliers. Ainsi, chaque enfant aura sa propre réaction le jour de la rentrée. Dans la majorité des cas, les bambins manifestent une angoisse. Certains pleurnicheraient alors que d'autres refuseraient tout juste d'aller à l'école. Alors, quel rôle peuvent jouer les parents dans une telle situation?
Les parents ont un rôle très important à jouer pour rassurer l'enfant et lui expliquer en quoi consiste l'école. «C'est un événement qui est vécu de façon différente : anxiogène, heureux ou excitant. Il me parait important que les parents en parlent aux enfants de façon à leur transmettre leur propre sentiment à ce propos et en leur décrivant leur propre expérience », affirme Dr Ghizlane Benjelloun, pédopsychiatre.
Positiver et rassurer doivent être les mots d'ordre dans toute démarche entreprise par les parents pour faciliter le premier contact de leur bambin avec l'école. Il faut donc évoquer avec lui, bien avant le jour « J », tout sujet susceptible de lui faire aimer l'école. De même, les parents doivent lui dire qu'il aura la possibilité de faire plein de copains, qu'il s'y amusera bien tout en apprenant beaucoup de choses nouvelles. Néanmoins, ils doivent éviter de parler de leurs difficultés scolaires car, et c'est prouvé, il n'existe aucune hérédité en la matière ! Faire visiter à l'enfant sa future école facilitera encore davantage le premier contact le jour de la rentrée scolaire. Pour les enfants ayant déjà fréquenté la crèche, l'école s'inscrira dans le prolongement. Toutefois, le passage d'un groupe à un autre ou même d'un établissement à un autre plus grand pourrait susciter une certaine méfiance qui disparaîtra très vite.
«Plus tôt un enfant est mis en crèche, en maternelle, moins il souffrira d'angoisses et de séparations contrairement à ce qu'on pourrait croire. C'est des enfants qui gèrent mieux les frustrations y étant confrontés très tôt », ajoute Dr Benjelloun. Si l'enfant passe directement des bras de sa maman à la maternelle, la transition nécessitera un peu plus d'effort de la part des parents. Ces derniers doivent se préparer tout comme l'enfant pour la rentrée. Eh oui, les adultes oublient souvent qu'il sont aussi concernés par cette échéance. La séparation même pour quelques heures est probablement inquiétante pour le papa ou la maman qui vont éprouver une difficulté à se séparer de l'enfant. Lorsque le futur écolier ressent le stress de ses parents, cela ne fera qu'accroître le sien. L'événement requiert donc une forte implication de l'adulte. A l'approche du jour « J », les enfants doivent avec l'aide des grands s'habituer aux rythmes de l'école.
Il faut donc les faire coucher tôt et les réveiller suffisamment à l'avance pour éviter toute bousculade le jour de la rentrée. Le jour « J », les parents peuvent accompagner l'enfant jusqu'à sa classe et le présenter à sa maîtresse. Ils pourront même rester quelques minutes avec lui pour l'aider à se familiariser avec son nouvel environnement. Cependant, il faut éviter de se laisser submerger par l'émotion avant de le quitter. Généralement, les petits attendent avec impatience durant les premiers jours la fin des cours pour retrouver les parents. Ces derniers doivent faire preuve de ponctualité. Quoi de plus rassurant pour un petit que de retrouver son papa ou sa maman devant l'école à la fin de la journée. A la maison, la préparation d'un goûter fait toujours plaisir. Il sera également une occasion pour discuter avec l'enfant de sa journée. Il faut alors converser joyeusement et le plus normalement possible.
Dans certains cas, la maman ou le papa vont réussir à peine à arracher à l'enfant quelques mots sur les activités à la classe durant la journée. Ce n'est pas du tout grave. Il faut savoir que l'école sera l'équivalent d'un jardin secret où l'enfant vivra bon nombre d'expériences dont les parents ne sauront pas tous les détails. Pour compenser la séparation, il faut consacrer quotidiennement un maximum de temps à l'enfant qui sera convaincu que l'école ne change à l'attachement des parents. L'école ne sera pas perçue dès lors comme un lieu qui le prive de bons moments en famille. S'il pleure un peu les premiers matins, inutile de s'inquiéter. Chaque enfant réagit différemment. Dans la plupart des cas, le plaisir d'aller à l'école augmente à mesure que se créent des liens de camaraderie. Il est également possible qu'il exprime son trouble autrement : difficultés alimentaires, énurésie (troubles urinaires), etc. Cette situation devrait se normaliser rapidement.
En revanche, s'il continue de vivre la séparation comme un déchirement, si sa maîtresse vous informe qu'il est triste, qu'il n'a pas de copains... n'hésitez pas à consulter un spécialiste. Bien évidemment, cela ne veut pas dire que l'enfant souffre d'un grave problème. L'intervention d'un spécialiste se limitera simplement à accompagner l'enfant pendant une période pour l'aider à mieux affronter cette étape décisive de sa vie.
Repères
Quelques conseils
Les enfants ont passé leurs vacances d'été à s'amuser, à vivre selon leur propre rythme. Ils devraient rencontrer une certaine difficulté à renouer avec les contraintes si bien évidemment ils n'ont pas été bien préparés pour la rentrée. Pour les aider à passer ce cap, les parents devront être plus disponibles que d'habitude.
Nouveaux horaires : Après les grasses matinées et les soirées estivales, l'enfant a besoin de retrouver le rythme de l'école. Quelques jours avant la rentrée, il faut avancer son heure du coucher et celle de son lever.
Préparation
psychique : Dans les jours qui précèdent le jour "J", il serait bien de parler avec l'enfant de l'école et lui expliquer pourquoi il y va. L'argumentaire du papa ou de la maman devra s'adapter au caractère et à l'âge de l'enfant.
Assurance : Lorsque vous parlez à l'enfant de la rentrée, il manifeste des signaux d'angoisse. Pas de panique, rien de plus normal dans ce genre de situation. Il va falloir juste le rassurer. Dites-lui alors que vous comprenez ses angoisses car il va changer de maîtresse, de classe… et qu'à son âge vous aviez vous aussi quelques appréhensions les jours de la rentrée.
Autonomie : Le manque d'autonomie peut créer un véritable stress. Pour le faire éviter, il faut apprendre à l'enfant à se déshabiller et à se rhabiller tout seul par exemple.
Changement d'école : il ne faut pas attendre le jour «J» pour présenter à l'enfant sa nouvelle école. Rien de plus.
Angoissant qu'un lieu sans repère. Pour le familiariser avec l'endroit, faites plusieurs fois le trajet avec lui avant la rentrée tout en lui parlant de sa nouvelle école.
Par Mohamed Badrane | LE MATIN