
Gaza - Un des hommes forts de la bande de Gaza, le général Moussa Arafat, conseiller militaire du leader Mahmoud Abbas et ancien patron des services de sécurité a été assassiné mercredi avant l'aube par des hommes armés qui l'ont criblé de balles avant de prendre la fuite.
Considéré par beaucoup de Palestiniens comme un
des symboles de la corruption qui ronge l'Autorité palestinienne, le général
Arafat, 69 ans, était un cousin et un protégé du défunt dirigeant
Yasser Arafat.
Un groupe armé palestinien, les "Comités de résistance populaire",
a revendiqué cet assassinat qui survient alors que les services de sécurité
palestiniens s'apprêtent à prendre le contrôle de la bande de Gaza
après le retrait militaire israélien prévu vers la mi-septembre.
Le porte-parole du groupe, "Abou Abir", a affirmé dans un appel
téléphonique à l'AFP que le général Arafat a été
"éliminé" par les brigades de Salaheddine, branche armée des
Comités de résistance populaire pour des raisons "qui seront annoncées
ultérieurement".
Fondés peu après le début de l'Intifada en septembre 2000, les
Comités de résistance populaire regroupent des activistes issus de tous les
mouvements palestiniens, qu'ils soient nationalistes ou islamistes.
Abbas, qui a présidé une réunion d'urgence des chefs des différents
services de sécurité après s'être rendu au domicile du
général Arafat, a fermement condamné cet assassinat.
"Le président Mahmoud Abbas a condamné l'assassinat du général
Moussa Arafat, son conseiller militaire, et a affirmé que le ministère de
l'Intérieur et les services de sécurité déploient tous les efforts
nécessaires pour trouver les auteurs de ce crime et les traduire en justice", a
indiqué l'Autorité palestinienne dans un communiqué.
Le leader palestinien s'est en outre dit "déterminé à achever
l'enquête le plus rapidement possible pour élucider les circonstances de ce crime,
qui n'entravera pas les efforts destinés à imposer l'ordre et l'état de
droit".
Des dizaines d'hommes armés et cagoulés ont pris d'assaut la maison du
général Arafat dans le quartier de Tal-Hawa à Gaza peu avant 01H00 GMT
à coups de rafales d'armes automatiques, de grenades à mains et roquettes
anti-chars.
Après un accrochage avec les gardes de sécurité, ils ont réussi
à pénétrer dans le bâtiment où ils ont ouvert le feu sur le
général Arafat. Ils ont ensuite traîné le corps dans la rue en tirant
dessus, selon la même source.
Le corps, criblé de 23 balles selon des sources médicales, a été
transféré à l'hôpital Al-Chifa de Gaza où le
décès a été constaté.
Un fils du général Arafat, Manhal, un officier de la sécurité
âgé d'une trentaine d'années, a été enlevé par les
hommes armés qui ont pris la fuite.
Après cet assassinat, le ministre palestinien de l'Intérieur Nasr Youssef, a
placé mercredi les forces de sécurité palestiniennes en état
d'alerte.
"Le ministre de l'Intérieur et de la sécurité nationale, le
général Nasr Youssef, a décrété l'état d'alerte dans
les rangs des services de sécurité et a ordonné la création d'une
commission d'enquête pour déterminer les circonstances de l'assassinat", a
indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Le ministère a qualifié l'assassinat du général Arafat de "grave
escalade dans la situation sécuritaire qui ne saura être passée sous
silence".
Nommé par Yasser Arafat en juillet 2004 chef de la Sûreté nationale, qui
chapeaute les différents services de sécurité, le général
Arafat a été "mis à la retraite" en avril dernier par Abbas qui
l'a nommé conseiller pour les affaires militaires.
Sa nomination avait été violemment contestée dans la bande de Gaza. Les
Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, avaient pris, armes
à la main, la tête du mouvement de protestation contre Moussa Arafat accusé
d'être le "symbole" de la corruption.
Moussa Arafat était arrivé dans les territoires palestiniens au milieu des
années 1990 dans la foulée des accords d'Oslo (1993). Désigné
à la tête des renseignements militaires, il avait alors participé à la
répression des groupes armés.
Moussa Arafat, qui avait de nombreux ennemis, avait survécu à plusieurs tentatives
d'assassinat dont la dernière remonte à octobre 2004 lorsqu'une voiture
piégée a explosé au passage de son convoi à
Gaza.